En voilà un débat qui ne veut rien dire !
C'est juste de la provocation. C'est de la xénophobie et du racisme primaire qu'on veut faire émerger. Comme si on en avait besoin !
Je suis française parce que j'ai une carte d'identité française, que mes parents en ont une aussi.
Je serais Belge, Anglaise, Indienne, Algérienne ou n'importe quoi d'autre, j'en serais probablement tout aussi "fière". Je ne suis pas "fière" d'être française, je le suis, c'est tout. Je ne le regrette pas non plus. Un de mes grands-pères n'avait pas de nationalité : personne n'a voulu lui en donner. Il se considérait français, parce que né en France.
Comme dit la chanson on ne choisit pas où on est né.
La drapeau ? Chaque pays en a un, ce n'est qu'un symbole. Si je suis ailleurs et que je le vois, je sais que je suis près d'un consulat ou d'une ambassade.
La Marseillaise, je ne l'aime pas. Je n'ai aucune envie de chanter "qu'un sang impur abreuve nos sillons".
Ce qui pourrait me rendre fière d'être française, ce serait que notre devise soit vraiment appliquée : LIBERTE EGALITE FRATERNITE.
Or : liberté : on en a de moins en moins. Dire Sarkozy je te vois et se retrouver devant un tribunal...
Egalité : comment je me fais soigner si je dois débourser des dépassements d'honoraires ? Je ne peux pas. Le français issu de l'immigration n'est pas traité comme un français à part entière. Le gamin d'un quartier n'a pas la même chance qu'un fils de.
Je veux bien pouvoir augmenter mes revenus autant que notre président a augmenté les siens.
Fraternité : je n'en vois pas beaucoup. On monte en épingle quelques cas pour masquer la pénurie ambiante. Les associations d'aide voient leurs crédits fondre.
Le droit au logement opposable : il ne donne que le droit... d'avoir le droit, mais pas un logement.
Nous sommes le pays des droits de l'homme. Quel honneur ! Qu'en est-il de son application ? Dérives de la police, gardes à vue pour un oui ou un non.
Terre d'asile : les charters sont là pour le prouver. Bien sûr on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Mais la façon de faire manque singulièrement d'humanité. Sans compter l'argent que ça nous coûte alors que ce n'est pas justifié.
Cette histoire d'identité nationale stigmatise les étrangers, finalement, les musulmans du Maghreb surtout,
Depuis quand la famille Sarkozy est-elle française ? ça ne sonne pas trop français comme nom, pas plus que Poniatowsky, d'ailleurs. Alors foutons la paix aux Mohammed et autres Ali. Si on a pu accueillir papa Sarko, pourquoi pas papa Benmachin ?
On a été bien contents à une époque d'avoir des "ritals" et des "polacks" et des "bougnoules" pour la main d'oeuvre ou pour aller au casse-pipe. Même ceux qui ont fait la guerre ne sont pas considérés comme des citoyens égaux.
Etre fils d'immigré, ou simplement en avoir l'air, ce sont les contrôles de police assurés. Et pas au même plan qu'un gaulois.
Il y a probablement plus de points communs entre un paysan sud-américain et un paysan français qu'entre un énarque parisien et un paysan de la Creuse.
Se sentent-ils français d'abord les bretons, basques et corses séparatistes ? Ils en pensent quoi, eux de l'identité nationale ?
La France n'est finalement qu'un conglomérat de provinces, un mélange de toutes les peuplades qui y ont déferlé au fil du temps.
Que dire de la langue française ? Si elle contribue à la compréhension globale de Lille à Marseille, elle est partagée par les belges, les québequois, un certain nombre d'africains et même les cajuns. Là aussi, ceux qui parlent ch'ti ou breton sont-ils moins français ?
Se reconnaître dans des valeurs, c'est bien. Encore faut-il qu'elles soient en usage.
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